Yoga et Alimentation

« Le yogi doit manger avec modération, raisonnablement, sinon, peu importe son intelligence, il ne réussira pas. »
Siva Samhita

Les maximes « un esprit sain dans un corps sain » et « tu es ce que tu manges » pourraient presque suffire à introduire cet article sur l’alimentation et le yoga.

La pratique du yoga est souvent associée à un régime végétalien. D’ailleurs, beaucoup de mes amis pensent encore que je suis vegan… que nenni ! J’ai aussi eu droit à des surnoms comme « mangeuse de graines », et j’en passe.

Pourquoi cet article sur l’alimentation et le yoga ?

Avec la pratique, j’ai naturellement eu envie de manger plus digeste, plus équilibré. J’ai commencé à pratiquer le matin à jeun, car il m’était difficile de bouger après le petit déjeuner. Le jeûne intermittent s’est alors installé de façon intuitive. J’ai aussi constaté que l’alcool et les repas trop lourds brouillaient mon esprit et freinaient ma pratique. J’ai donc arrêté l’alcool et réduis les sorties.

Les gunas et l’alimentation yogique

Puis j’ai commencé les formations de yoga, et j’en ai appris davantage sur la discipline. Dans la culture yogique, on distingue trois qualités principales, appelées les gunas.

Les aliments tamasiques sont ceux qui contiennent notamment de la viande ou de l’alcool. Ce sont, en résumé, des aliments qui engendrent une grande fatigue lors de la digestion.

Les aliments rajasiques sont considérés comme excitants. Ils incluent le café, le gingembre, les sucres raffinés, le chocolat, mais aussi les aliments au goût très prononcé, comme les produits très salés. Ces aliments sont réputés détourner de l’état de plénitude recherché, et rendre nerveux, impatient ou agité.

Les aliments sattviques, comme leur nom l’indique (équilibre, pureté), sont considérés comme sains. On y retrouve les fruits et légumes, les graines et les aliments complets. Dans la pratique du yoga, ils sont vus comme des aliments favorisant la clarté mentale et physique, et sont donc à privilégier.

Mon parcours personnel

Suite à des maux de tête et à de l’acné durant ma jeunesse, j’ai consulté un médecin de ma famille pratiquant la médecine traditionnelle chinoise. J’ai alors très vite arrêté les produits laitiers et le sucre. Ces aliments sont considérés comme des déchets pour le corps et entravent le bon fonctionnement du foie, un organe qui « digère » aussi les émotions. Étant de nature sensible, j’ai dû limiter au maximum ces deux catégories d’aliments afin d’améliorer mon quotidien.

Mon acné et mes céphalées ont fortement diminué. Depuis jeune, j’ai donc quasiment supprimé ces aliments : je ne mange ni fromage, ni crème, ni lait. Il m’arrive parfois de consommer du sucre raffiné, mais cela reste festif et rare.

Manger en conscience

La chose la plus importante que j’ai apprise, c’est de manger en conscience. Et ce n’est pas si évident !

Pour moi, manger en conscience se définit en deux points.
D’abord : manger sans faire autre chose à côté. Quand je mange, je me concentre sur la bouchée que je prends, je mâche longtemps, et j’évite de lire ou d’être sur mon téléphone en même temps.

Ensuite, cela signifie être consciente de la provenance de mes aliments. J’essaie de manger bio au maximum, des aliments peu ou non transformés, et j’évite le sucre raffiné. Je prends conscience que mon alimentation est une chance, et je suis reconnaissante de pouvoir nourrir mon corps avec des produits de qualité.

Mais si un jour je mange un gros burger dégoulinant, un cocktail ou une pâtisserie, j’en suis pleinement consciente. Je sais que ce n’est pas l’idéal pour mon corps, mais je profite de chaque bouchée, sans culpabiliser, en me rappelant que cela reste exceptionnel. Je ne me prive de rien, je choisis simplement en conscience.

Autre exemple : je mange de la viande, rarement, pas tous les jours, mais j’en mange. Et quand c’est le cas, je suis consciente que je mange un animal qui a été tué. Cela m’amène naturellement à en consommer moins, et à refuser les élevages de masse. Je choisis une viande de qualité, sans OGM, plus chère, mais puisque j’en mange moins, cela me semble cohérent.

Trouver ce qui nous convient

Aujourd’hui, les régimes sont innombrables : hyperprotéiné, vegan, paléo… On ne sait plus où donner de la bouche !
Personnellement, je pense qu’il faut surtout adopter ce qui nous fait du bien à nous, garder les aliments que l’on digère bien, et ne pas oublier de se faire plaisir.

Je vous partage donc mes conseils pour une alimentation en accord avec mon mode de vie. Ce qui fonctionne pour moi ne fonctionnera peut-être pas pour vous.

  • Pas de sucre raffiné : je remplace par de la banane, une compote ou du miel, même dans les gâteaux.

  • Pas de produits laitiers : je remplace par de la crème d’amande, des laits végétaux, du houmous à tartiner, et pour les pâtes, de la levure de bière (en plus, ça facilite la digestion !).

  • Je limite ma consommation de café à 2 ou 3 par semaine.

  • Je ne bois plus d’alcool.

  • Je pratique souvent le jeûne intermittent. Le matin, je bois un grand verre d’eau au lever, puis une tisane (thym, romarin ou mélange de plantes) ou du thé. J’attends d’avoir réellement faim pour manger : une banane, quelques amandes, ou des œufs au plat avec du pain complet.

  • Je mange très peu de produits transformés, en privilégiant les aliments bruts. Bien sûr, j’ai de la mayonnaise dans le frigo (sans sucre), quelques yaourts de coco, de la moutarde ou du kimchi, mais je vérifie toujours qu’il y ait le moins d’ingrédients possible, ou que je les connaisse tous.

  • J’essaie de manger plus léger le soir.

  • J’écoute ma faim. Comme tout être humain, il m’arrive de manger sous le coup des émotions, sans réel besoin, mais j’arrive de mieux en mieux à reconnaître ces moments, et ils deviennent de plus en plus rares.

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Un peu de sororité